Nos projets

Préparation des desserts

29 novembre 2022

Après quelques échanges par SMS, rendez-vous est pris dans un grand centre commercial luxueux dans la périphérie de Doha. Après quinze minutes à échanger dans une cafétéria, Paul, 1,75 m, la silhouette râblée couverte d’une casquette de la Suède qu’il ne quitte jamais, nous entraîne sur un terrain vague à proximité, à l’abri des caméras qui scrutent chaque mètre carré de ce pays. L’entretien peut alors commencer.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Après quelques démarches administratives, le voilà avec son permis moto en main et un contrat de travail chez Talabat, une des principales boîtes de livraison de repas à Doha.

« Au début ça se passait plutôt bien. Et même si les journées de travail étaient longues, au moins douze heures par jour, j’étais payé à temps, raconte-t-il. Mais, rapidement, les problèmes sont apparus. Mon chef, un Soudanais, a commencé à me ponctionner une grande partie de mon salaire, il déduisait tout un tas de choses sans qu’on sache très bien à quoi ça correspondait. Il ne me donnait aucune explication, c’était comme ça, point. Sur le coup que peut-on faire ? On a besoin d’argent, donc on accepte. »

Un jour que Paul est en route pour une livraison, une voiture le percute et le renverse – « ici, ils roulent comme des fous », précise-t-il, on a pu s’en rendre compte depuis notre arrivée. La moto est endommagée, le bonhomme aussi, à la jambe. On cite d’abord la moto, car c’est bien cela qui inquiète le boss. Et s’il promet de venir au chevet de son employé, Paul l’attendra en vain dans sa chambre. Au bout de deux jours, il finit donc par se rendre à l’hôpital par ses propres moyens.